COVID-19 à la Maison-Blanche; de nouvelles adoptées; et la distanciation interpersonnelle renforcée…

NOUVELLES BRÈVES par Pierre Quiroule II

  • COVID-19 à la Maison-Blanche; de nouvelles adoptées; et la distanciation interpersonnelle renforcée…

Si vous habitez les États-Unis, sans doute vous vous êtes habitués, depuis quelque trois mois, à suivre les conférences de presse du président américain, entouré d’experts de la santé auxquels il fait appel, de temps à autre, pour obtenir leur adhésion par rapport à une assertion avancée, telle l’ingestion de désinfectants pour combattre le COVID-19, la pandémie du siècle. Ainsi, la disparition du groupe autour du chef d’État d’un Dr. Anthony Fauci, directeur du Centre de maladies infectieuses, personnage clé dans la gestion du coronavirus par l’équipe présidentielle, donne à réfléchir.

En effet, le Dr. Fauci a annoncé, le 9 mai, qu’il serait en quarantaine chez lui durant 14 jours, soit deux semaines, parce qu’il avait côtoyé une personne à la Maison-Blanche testée positive du COVID-19. A fait suite, le même jour, Robert Redfield, chef de «Centers for Disease Control and Prevention» (CDC), l’agence gouvernementale chargée de la surveillance de l’état de santé du peuple américain et des maladies, telles que celles liées au virus de l’heure pouvant affecter dangereusement la population. Et Stephen Hahn, chef de la «Food and Drug Administration» (FDA), les avait déjà devancés, révélant, lui aussi, qu’il est en semi quarantaine chez lui.

Ainsi, trois hautes personnalités américaines au sommet de l’administration en ce qui a trait à la santé publique aux E.U., se sont mis à couvert, prêchant d’exemple ce qu’ils ont suggéré, même requis, savoir la pratique de la distanciation pour se protéger, ainsi que les autres, contre la maladie qui coupe le souffle, littéralement, à ses victimes.

La décision de ces «généraux» combattant la pandémie aux E.U. découle d’une annonce, faite la veille, selon laquelle Katie Miller, porte-parole du vice-président Mike Pence, avait été infectée, ainsi qu’un valet au service du président Trump, dont l’identité n’a pas été divulguée. Dire que Mme Miller est l’épouse de Stephen Miller, un conseiller de haut niveau du président Trump. Se serait-il, lui aussi, mis en quarantaine pour protéger son patron ? On n’en sait rien.

Ainsi, depuis le lundi 11 mai, tous ceux qui travaillent à la Mai – son-Blanche sont requis de porter des masques et d’être testés quotidiennement plutôt que chaque semaine, comme auparavant. Pour tant, sans explication aucune, le président continue de circuler sans porter de masque. Seraitil à ce point vaniteux, au point de s’offusquer d’une expression chère aux Haïtiens : «Madigras mal masqué» ? Et quelqu’un de répondre, «Vaut mieux ètre Madigras mal masqué» que «Paix à son âme» quand on ne pourra plus entendre.

En effet, depuis lundi, les personnes qui fréquentent la Maison-Blanche portaient des masques. Et hier soir, mardi 12 mai, on a vu à la télévision le vice-président Mike Pence bien masqué. On se souviendra que, deux semaines plus tôt, lors de sa visite au fameux centre médical Mayo Clinic, à Rochester, dans le Minnesota, il ne portait pas de masque, bien que c’était requis par l’institution que tout le monde, y compris les visiteurs sou soumettent à ce protocole. Ce qui avait été critiqué de toutes parts. Alors, le vice-président, dont la porte-parole est victime de la maladie, comprend mieux de quoi il s’agit. On a laissé entendre que, pour l’instant, il aurait pris ses distances de la Maison-Blanche. Est-ce en vue de protéger le président ? Serait-il, lui aussi, en quarantaine ? On n’en dit rien.

La situation est loin d’être rassurante aux E.U., où 45 des 50 états ont, jusqu’au lundi (11 mai) repris, en partie, les activités, quand bien même 19 d’entre eux seraient toujours confrontés à la montée du COVID-19. Lors d’une audition à distance du Con grès américain, le mardi12 mai, on a vu le Dr. Fauci, entouré de livres, chez lui, sans doute, répondre à une question relative à la reprise des activités. «On court le risque», dit-il, «de faire face à un déferlement de cas incontrôlables, si nous allons trop vite en besogne».

On ne saurait clore cet aperçu sur la situation aux E.U. sans mentionner que la barre des 80 000 décès enregistrés aux E.U. a été franchie, soit 82 9251. Et le Dr. Fauci de dire qu’il croit ces chiffres en dessous de la réalité. On notera que le nombre officiel de personnes infectées dépasse un million, soit 1 398 481, tandis que 233 210 ont recouvré leur santé.

Ces jours-ci, les autorités américaines sont surtout préoccupées par l’infection des enfants, qui étaient jusque-là épargnés. Dès mardi, 12 mai, on enregistrait dans 14 états une centaine d’enfants souffrant d’une maladie occasionnant l’inflammation de certains organes, une maladie attribuée au COVID-19, ayant causé cinq décès, dont trois dans l’état de New York.

Entre-temps, à l’échelle mondiale, on a dépassé les quatre millions d’infectés, soit 4 233 504, dont 289 932 décès et plus d’un million de personnes ayant recouvré leur santé, soit 1 481 314. Un fait nouveau : La Russie fait un recul auquel les autorités ne s’attendaient pas. Au cours d’une période de 24 heures, on aurait enregistré dix mille (10 000) cas de personnes nouvellement infectées. Ainsi, au mardi, 12 mai, ce pays qui, officiellement, comptait peu de cas, fait la concurrence à l’Espagne comme second pays dans le monde à compter plus de personnes infectées du COVID-19, soit 232 243 comparées aux 269 520 enregustrés Espagne et 226 363 en Angleterre, trois pays engagés dans une course peu enviable. S’agissant du nombre de décès, la Russie vient à peine de commencer, avec 2 116 et 43 512 de patients qui ont été guéris, tandis qu’en Espagne il est question de 26 920 décès et 138 980de gens guéris. C’est toujours l’Angleterre qui domine en Europe en termes de décès, comptant 32 692 sur 226 463 infectés et 1 918 qui ont recouvré leur santé.

Comme on l’a constaté un peu partout, le COVID-19 ne fait pas d’exception. Ainsi, hier, mardi 12 mai, la Russie a annoncé que Dimitry Peskov, porte-parole du président Vladimir Putin, est hospitalisé, victime du coronavirus, appelé l’«ennemi invisible» qui n’a pitié pour personne. D’ailleurs, l’épouse de Peskov, Tatyana Navka, a émis une information sur Instagram pour dire qu’elle est aussi atteinte du virus. Selon une dépêche de l’agence de presse britannique Reuters, datée de Moscou, mardi 12 mai, Dimitry Peskov serait le cinquième haut placé des officiels russes à être victime du fléau.

*La «Food and Drug Administration» (FDA). Ayant mentionné cette agence américaine tout au début de ce récit, il nous incombe de revoir une page d’histoire concernant une autre épidémie au cours de laquelle les Haïtiens, surtout à New York, l’avaient baptisée «Federal Discrimination Administration» pour avoir, en 1990, interdit aux Haïtiens et à leurs partenaires étrangers de s’inscrire comme donneurs de sang, les ayant déclarés vecteurs du SIDA, et les assimilés à l’infâme «Club des 4 H» avec les homosexuels, les hémophiliques et les héroïnomanes.

On ne s’attardera pas outre mesure sur cette journée du 20 avril, d’ailleurs déclarée officiellement «Journée de la diaspora» par le gouvernement haïtien, quand les Haïtiens de New York, toutes tendances confondues et plus de 75 000, renforcés par des amis d’autres ethnies, avaient fait osciller le «Brooklyn Bridge» quand, de Cadman Plaza, à Brooklyn, ils avaient envahi la zone de Wall Street, au bas de Manhattan, pour dénoncer le racisme des responsables de la FDA et les inciter à enlever le nom haïtien de leur club fantôme. Ce qui fut fait dans les plus brefs délais. On signalera que le Dr. Jean-Claude Compas et ses collègues de l’Association médicale haïtienne à l’étranger (AMHE) avaient aussi joué un rôle prédominant derrière la scène dans les négociations avec la FDA à cette fin.

*Et la AMHE continue d’œuvrer en faveur de nos compatriotes, aujourd’hui sous la menace du COVID-19. C’est ce dimanche, 17 mai, la veille du 18 mai, la fête du bicolore haïtien ayant la devise L’Union fait la force, que ce tiendra un concert virtuel à New York, sous l’égide de l’Association médicale haïtienne à l’étranger et la publication Haitian Times, en vue d’une levée de fonds pour supporter la «Haiti Global Health Alliance», qui se charge de mener la bataille en Haïti contre le virus meurtrier. Heure : 7-10 p.m., sur la page Facebook @haitian times, sur Instagram@haitiantimes ainsi que sur YouTube.

Participeront à cette présentation intitulée «The Haitian American Alliance COVID-19 Concert», des artistes connus, donnant leur soutien bénévole à ce mouvement si louable. On citera, entre autres, Wyclef Jean, Nulook, Harmonik, Belo, Darline Desca, Ram, Paul Beaubrun, Wayb, Buyu Ambroise et bien d’autres.

Des personnalités haïtiennes, américaines et américano-haïtiennes y participeront aussi, dont certains diront des paroles réconfortantes à l’adresse des familles des victimes, tout en demandant que tout le monde mette la main à la patte pour écrire une nouvelle page d’histoire de cette diaspora qui a contribué plus de 2, 2 milliards de dollars en 2018 et plus  de trois milliards en 2019 pour maintenir à flots les parents restés au pays, qui en proie à la misère. Contribuer USD 500 000 $ pour combattre le COVID-19 n’est pas trop demander, surtout quand ces démarches sont menées dans la transparence totale. Voir article en anglais à première page sous la rubrique HAPPENINGS pour de plus amples détails.

*Aussi dans la section anglaise, le maire de Boston, Martin Walsh, salue la communauté haïtienne en ce mois décrété «Mois de l’héritage haïtien». Nous rappelant ce qui s’était passé dans les années 90, lors de l’épidémie du SIDA, comment les Haïtiens étaient ciblés comme vecteurs de la maladie, cela fait chaud au cœur de savoir que le maire de Boston se montre reconnaissant de l’apport de la communauté haïtienne en ce moment difficile où le COVID19 fait rage. Nous vous invitons à lire dans HAPPENINGS son message intégral. On soulignera que ceci fait suite à une déclaration élogieuse du Premier ministre Justin Trudeau, du Canada, à l’intention des travailleurs haïtiens de la santé œuvrant inlassablement en prodiguant des soins précieux aux citoyens à l’heure de cette pandémie meurtrière.

  • Pierre Quiroule II, 13 mai 2020

cet article est publié par l’hebdomadaire Haïti-Observateur, VOL. L No.18 New York, édition du 13 mai 2020 et se trouve en P.16, 12 à : http://haiti-observateur.ca/wp-content/uploads/2020/05/H-O-13-mai-2020-1.pdf